Nous ne connaissons pas le nom de l’architecte de ce gros bâtiment, situé au
début de la rue Voyvoda, du même coté et à peu de distance, des
escaliers Camondo. C’est entre 1903 et 1904 que l’édifice a remplacé deux
autres bâtiments anciens qui l’ont précédé. Le côté est du bâtiment, est
toutefois plus ancien et à toujours été considéré comme un immeuble individuel,
malgré son parfait alignement au reste de la construction. Le nom d’origine est
Bahtiar Han (aujourd’hui Yeni Bahtiyar Han), du nom de l’un des immeubles qui le
précédaient. Mais, comme la banque Isaac Camondo & Cie était installée autrefois
dans les locaux (partie ouest du bâtiment), et qu’elle bénéficiait d’une grande
renommée, il était courant d’appeler l’immeuble entier « Camondo Han » (Kamando
Han). Aujourd’hui, 80 ans après la fermeture de la banque, cette pratique s’est
plus ou moins perdue et à part les vieux habitants du quartier, personne ne se
souvient ni de la banque, ni de cette grande famille stambouliote, que furent
les Camondo et qui émigrèrent à Paris en 1867.
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Comme nous l’avons dit plus
haut, la partie est de ce grand bâtiment est plus ancienne, et elle
abritait autrefois les postes françaises. C’est sur son modèle que le
reste a été construit entre la rue Voyvoda où se trouvaient tous les
sièges des banques et la petite rue Camondo (Kamondo Sokak). Toujours à
l’est, le bâtiment est mitoyen avec le Lorando Han, rebaptisé
Ankara Han, et qui date des années 1911 – 1912. A l’ouest, c’est le
petit bâtiment des
anciennes postes ottomanes (Eski Postahane Han) qui est collé au
Bahtiar Han. Les fameux
escaliers Camondo, sont construits en bordure des anciennes postes
ottomanes.
Outre la fameuse banque Camondo, l’immeuble comportait au début du
siècle, plusieurs magasins, des bureaux et des études. Aujourd’hui, tout
le rez-de-chaussée est consacré à l’électricité, mais avec différentes
enseignes. Les cinq étages (à l’origine quatre), sont occupés par des
bureaux, voire des dépôts. Bien qu’en bon état, la façade a subi un
ravalement discutable et l’intérieur mériterait plus d'attention.
L’étage construit ultérieurement a un peu modifié l’apparence générale,
dans un sens négatif.
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Aujourd’hui 11 numéros se succèdent, alors qu’à l’origine il n’y en
avait que 10. Les anciennes postes françaises ont été scindées en deux,
et forment deux magasins différents. Les nos 18 à 34 sont dans le han
proprement dit. L’irrégularité des nos ci-dessus, indique les bureaux du
han et de la banque qui sont aussi numérotés.
En 1905
les magasins se présentaient comme suit :
18 Pharmacie
20 Bijouterie
22 Coiffeur
24 Entrée du Han
26 Laiterie
28 Assurance Norwich
30 Confiseur
32 Confiseur
34 Epicerie
Aujourd’hui, tous les magasins sont consacrés à l’électricité, se qui
prouve l’évolution de la rue, voire du quartier. En effet, si autrefois
les commerces démontraient que la vie y était présente, et donc le
quartier habité, aujourd’hui, le manque de magasins offrant des produits
de premières nécessités, indique que les habitants ont déserté la rue.
C’est effectivement, le cas : dès la fin des années 1940, la population
de Galata a émigré vers le nord. Aujourd’hui cette rue est quasiment
inhabitée, alors que d’autres rues proches, se sont pourvues de
populations fraîchement arrivées des campagnes.
Seules quelques rues conservent une population d’origine, souvent
catholique, liée aux établissements religieux encore présents et à leurs
propriétés. |
En 1914, lAnnuaire
Oriental indiquait les commerces suivants :
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Environnement :
Comme indiqué plus haut, l’ancienne banque est encadrée par les
anciennes postes ottomanes à l’ouest et par l’immeuble Lorando (Ankara
Han) à l’est, considérant que les anciennes postes françaises font
partie intégrante de l’ensemble. Au nord, la rue Camondo (Kamondo Sokak)
borde le bâtiment. Un terrain vague se trouve immédiatement en face à
l’est. A cet emplacement, une construction ancienne en bois, fut démolie
il y a quelques années, puis des fouilles archéologiques ont été
entreprises. On y a découvert les restes de constructions génoises, sans
intérêt majeur. A noter que la partie ouest du terrain, fut toujours
libre de constructions. A l’autre bout du terrain, et donnant sur une
autre rue, le grand immeuble qui domine fut également construit par les
Camondo. Il abritait dans un premier temps, une école hébraïque
(Alliance Israélite Universelle), puis des appartements destinés aux
employés de la banque Camondo. C’est aujourd’hui un
appart-hôtel, bien restauré.
En face
de la partie nord-ouest de l’ancienne banque, plusieurs immeubles sont
placés côte à côte : le premier, en très mauvais état, n’est plus habité
aujourd’hui. Autrefois, le journal arménien Arevelk, y était
édité. Le second, est la
synagogue Schneider, qui est
aujourd’hui ouverte en tant que centre culturel ashkénaze après une
restauration complète, suite à un incendie. L’immeuble suivant, est un
bâtiment d’habitations. La croix de Malte visible sur l’oriel, indique
l’origine des propriétaires, (Galata abritait autrefois une communauté
maltaise présente aujourd’hui, du coté de Kadıköy). Tous ces bâtiments
ont été érigés au XIXe siècle, après un incendie du quartier. Ils ne
présentent toutefois pas un intérêt capital, si ce n’est qu’ils
reflètent la parfaite caricature d’une rue de Galata à la fin du XIXe
siècle. |
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Au sud,
sur la rue Voyvoda, deux majestueux bâtiments font face à l’ancienne
banque Camondo :
Assurances Ottomanes Han et Assicurazioni Generali Han (Asürans Ottoman
Han / Asikurazyoni Cenerali Han). Ces immeubles datent respectivement de
1918 et de 1909. Le bâtiment des
Assurances Ottomanes, devenue
le Sigorta Han, dans les années 20, a remplacé deux constructions plus
petites : le Helbig Han (du nom d’un banquier très connu, d’origine
belge) et le Castro Han. L’Assicurazioni
Generali Han a, quant à lui, remplacé le Vitalis Han qui
avait son entrée principale dans la rue Billour (Billur Sokak).
Enfin, au sud-est, un bâtiment plus ancien et plus modeste fait front à
l’ancienne banque Camondo : le Sümerbank Han. Cet immeuble n’a jamais
comporté d’appartements, et dès sa construction en 1880, il fut destiné
à des bureaux commerciaux. Il abrita jusqu’à sa liquidation en 1899, la
direction des Chemins de Fer Ottoman d’Anatolie, puis, la direction du
Crédit Général Ottoman. Depuis 1933, il appartient à la banque Sümerbank.
R. Tomaselli, 2008 |
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